Le charme de la Maison Fournaise, célèbre guinguette des bords de Seine, attire les artistes de la fin du XIXe siècle. Pierre-Auguste Renoir y peint notamment son célèbre Déjeuner des canotiers en 1880, sur le balcon du restaurant.
Des audioguides sont disponibles gratuitement au musée pour découvrir le Hameau Fournaise.
En 1857, Alphonse Fournaise, charpentier de bateaux achète à ses cousins une petite gargote de marchand de vin et le chantier de déchirage de bateaux sur l’Ile de Chatou. Avec la mode du canotage et la desserte ferroviaire, les Parisiens viennent en nombre se délasser des contraintes de la vie urbaine. Alphonse Fournaise entreprend des agrandissements de son établissement pour en faire un restaurant bourgeois et cossu fort sympathique au bord de l’eau.
Alphonse Fournaise loue des canots qu’il entretient tandis que son épouse a la haute main sur la cuisine et ses aides. Leurs deux enfants grandissent sur les bords de Seine et participe au succès de l’affaire familiale. Leur fils, Hippolyte Alphonse aide les dames à embarquer à bord des yoles de promenade et sa sœur Alphonsine soigne l’accueil de la clientèle.

Auguste Renoir, Claude Monet, Alfred Sisley, Berthe Morisot, Edouard Manet, Camille Pissarro, Pierre Prins arpentent l’île en quête de cette lumière brillante qui scintillent sur les flots de la Seine. L’Ile de Chatou est très fréquentée par les gens de lettres et la bohême dorée durant la seconde moitié du 19e siècle. Guy de Maupassant y retrouve ses camarades canotiers pour des parties de canotage, Edgar Degas fréquente ses amis de Chatou, Gustave Caillebotte aime naviguer à bord de ses bateaux dans la boucle de la Seine. A cette époque, la Grande Ile de Chatou est champêtre et arborée. En 1971, elle est renommé l’Ile des Impressionnistes.



André Derain (né à Chatou en 1880) et Maurice de Vlaminck installent leur atelier dans une petite salle de la maison voisine des Levanneur en 1900. Ils viennent en curieux converser avec Alphonsine Fournaise qui connut tant de grands peintres. Guillaume Apollinaire et Henri Matisse rendent visite aux deux fauves ; on discute, les idées s’enflamment, les couleurs aussi. Les deux artistes incarnent à leur tour l’avant-garde picturale durant les premières années du XXe siècle.
Après la disparition d’Alphonse Fournaise en 1905, sa fille Alphonsine ferme le restaurant et le transforme en appartement qu’elle occupe jusqu’à sa mort en 1937. Les autres bâtiments sont également transformés en logement. d’habitation et s’étiolent au fil du temps.
Proche de la ruine, l’ancien restaurant et ses dépendances sont acquis en 1979 par la ville de Chatou. Ses deux façades et le balcons sont inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1982. La ville de Chatou s’engage dans une restauration longue du site avec les soutiens de l’Etat, de la Région, du Département et ceux de deux associations majeures, les Amis de la Maison Fournaise et Friends of French Art.
Le restaurant Fournaise rouvre ses portes en 1990 puis le musée en 1992. Appelé aujourd’hui la Maison Fournaise, son architecture actuelle est le fruit de la fusion de cinq petits bâtiments mitoyens ayant appartenus aux Fournaise ou à leurs cousins.
Lors des travaux, les peintures murales réalisées par d’e féroces d’amusants caricaturistes de l’époque ont été retrouvées et restaurées au premier étage. Malheureusement les peintures du rez-de-chaussée ne sont plus connues aujourd’hui que par les chroniqueurs d’antan. Les crues de la Seine effacèrent les paysages et les portraits de canotiers peints sur les murs.

